Marie Havard

Ecriture : les cris dans les mots sont la seule aventure

L’auto édition : publier son livre papier sans passer par un éditeur

Pourquoi l’auto édition ?

Trouver un éditeur n’est pas aisé et même si ce dernier s’occupe de la promotion et des ventes sans que vous ayez à vous en soucier, il garde aussi une marge. L’auto édition permet de diffuser votre livre en toute autonomie et très facilement (cela implique que la promotion reste à votre charge).

auto édition

Pour permettre à des proches de lire mes livres et pour concrétiser mes écrits, je me suis inscrite sur Thebookedition. Je peux imprimer mes livres et les avoir « en dur »,  en stock afin de les prêter à mon entourage. On peut également laisser le livre en mode « privé ». En fait, cela s’appelle de l’auto-édition.



Il y a plusieurs sites proposant de l’auto-édition. Je me suis décidée il y a quelques années, après avoir lu un article sur une jeune étudiante ayant publié un livre grâce à lulu.com. Imprimer son livre, le rêve à portée de main ! Voici quelques uns des sites que j’ai pu tester :

  • The book edition, un site français basé dans le Nord.
    Il faut s’occuper de tout le côté protection de l’œuvre, ISBN et dépôt, mais on choisit le format de livre qu’on veut, on peut mettre sa propre couverture gratuitement ou en sélectionner une parmi des modèles et on touche 100% du prix de vente. Il y a aussi des conseils pour s’auto-éditer, des bannières de promotion… J’ai imprimé mes 2 derniers livres sur leur site.
    Les + : la qualité de l’impression, la rapidité de traitement, le forum d’entraide
    Les – : le manque de visibilité, le prix des frais de port (4.80€ de frais pour 1 livre), le prix de fabrication des livres numériques (3.69€ de frais de base à la revente)
  • Lulu, site américain.
    J’ai testé ce site en 2010, avant de passer à the book edition. La livraison vers la France était longue et chère (plus d’une vingtaine d’euros uniquement pour les frais de port). La qualité était bien, mais les formats me plaisaient moins. On pouvait faire sa propre couverture et côté facilité d’utilisation, rien à redire.
    Les + : facile à utiliser, site connu aux USA
    Les – : prix élevés d’envoi en France et lenteur de la livraison
  • CreateSpace d’Amazon (édition de livre papier) (Kindle Direct Publishing d’Amazon pour l’édition de livre numérique).
    Le gros avantage est qu’avec ces outils, vous diffusez votre livre directement sur la plateforme de vente en ligne d’Amazon. Ce n’est pas difficile à utiliser mais il faut cependant comprendre l’anglais. Vous pouvez choisir de vendre sur les plateformes française ou sur les autres plateformes d’amazon. J’ai diffusé Les voyageurs parfaits sur Amazon via Create Space. Attention, sur KDP Select (le programme de promtion de Kindle Direct Publishing), Amazon se réserve l’exclusivité de votre oeuvre pendant 90 jours et interdit que vous la vendiez en numérique ailleurs… Pour éviter cette interdiction, ne vous inscrivez pas à ce programme et contentez-vous de Kindle Direct Publishing.
    Les + : un des leader du marché du livre (visibilité)
    Les – : interface en anglais et un peu plus complexe

Comment ça se passe sur Thebookedition ?

Votre texte doit être terminé et relu (corrections de fautes et de mise en page effectué), paginé et avec les mentions légales, prêt en format .word et pdf (les 2 formats les + classiques). Il est possible de s’appuyer sur l’aide à la mise en page de Thebookedition afin d’adapter son texte au format de livre choisi.

Il faut créer un compte. Il y a deux possibilités ensuite : créer un livre simple / créer un livre expert. Le livre doit faire 40 pages minimum.

  • Choisir un format et une collection selon son type de texte.
  • Envoyer le fichier complet (word ou pdf) et vérifier la mise en page réalisée.
  • Renseigner les éléments du livre (Titre, nom d’auteur, résumé, …)
  • Couverture : en mode simple, un modèle automatique se crée, qu’il est possible de personnaliser avec une image. Mode expert : on génère au préalable un gabarit couverture vide à remplir soi-même (il doit contenir le code barre si vous souhaitez le vendre), qu’on intègre à cette étape.
  • Fixer ses royalties auteur et le prix de vente.
  • Votre oeuvre est ensuite en attente de validation par l’équipe (compter quelques jours) avant d’être enfin validée et accessible (en privé si vous avez choisi le mode privé ou en public).

Et si je veux vendre mon livre ?

Si vous souhaitez vendre votre livre, il y a plusieurs étapes à respecter.

1.Protection de votre oeuvre

Normalement le droit d’auteur protège naturellement les œuvres dès leur création du moment que vous pouvez prouver que vous êtes l’auteur (manuscrits). Pour plus de sécurité, il est bien de s’envoyer le manuscrit en recommandé, cachet de la poste faisant foi (sans ouvrir l’enveloppe une fois celle-ci reçue).

Il est aussi possible de le déposer au format papier ou numérique auprès de la Société des Gens de Lettres, qui le protège pendant 4 ans au tarif de 45€.

J’avais choisi ces 2 solutions pour mon premier livre, j’ai déposé l’œuvre pendant 4 ans à la SGDL sans le renouveler par la suite. Il y a d’autres techniques mais je trouve celles-ci les plus simples.

2. ISBN

Une fois que le livre est protégé, il faut obtenir un ISBN : International Standard Book Number (numéro unique d’identification du livre). Pour cela il faut contacter l’AFNIL qui vous envoie une liste de 10 ISBN (gratuitement). Lorsque vous faites la couverture de votre livre, placez l’ISBN et le prix au dos (entre autres mentions légales, voir ci-dessous).

3. Les mentions obligatoires sur le livre (pour la vente)

Sur la dernière page intérieure du livre :

  • Le numéro ISBN en chiffres
  • La date de première impression (je mets la date de la première mise en ligne du livre finalisé)
  • Les nom et adresse de l’imprimeur (Thebookedition pour moi)
  • La date de dépôt légal (le mois où vous faites le dépôt)
  • Les nom et adresse de l’éditeur (vous-même)

Sur le quatrième de couverture :

  • ISBN (sous forme de code barre)
  • Prix en euros TTC.

4. Dépôt légal

Enfin avant toute vente procédez à un dépôt légal de ce livre papier définitif auprès de la BNF. Pour cela, il faut envoyer un exemplaire imprimé du livre accompagné du formulaire de dépôt rempli sur le site de la BNF, à l’adresse postale suivante, en franchise postale :

Bibliothèque nationale de France
Dépôt légal des livres
Quai François-Mauriac
75706 Paris cedex 13

Pour la franchise postale, cela signifie que vous ne payez pas l’envoi du document, vous devez juste indiquer sur le colis : Franchise postale – Dépôt légal – Code du patrimoine Art. L132-1.
Il existe un extranet de dépôt légal, qui permet de remplir en ligne le formulaire de déclaration et de l’imprimer en tant qu’éditeur. Il faut s’inscrire en ligne pour bénéficier de ce service.
Au bout de quelque temps (assez rapide, moins d’une semaine), la BNF vous envoie par mail la confirmation et le récipissé de dépôt de l’oeuvre.
Normalement, chaque modification de l’œuvre assez importante (ex : couverture ou format) exige un nouveau ISBN et un nouveau dépôt. Un changement de prix de vente ne nécessite ni nouvel ISBN ni nouveau dépôt. De même, normalement le livre déposé ne doit plus être modifié par la suite, mais s’il l’est (changement de places de chapitres par exemple), pas besoin de nouveau dépôt.

Toutes ces démarches sont un peu rébarbatives mais assez simples. Ne vous laissez pas berner par certains sites qui vous proposent de le faire pour vous pour une somme colossale (pouvant aller jusqu’à plus de 2 000€).

Cas du livre numérique :
– Un ISBN unique (différent de celui du même livre mais papier)
– Pas besoin de dépôt (le livre est collecté par internet)

5. J’ai vendu quelques exemplaires. Comment déclarer mes bénéfices ? Dois-je choisir un statut particulier ?

Tout dépend de si vous souhaitez diffuser votre livre auprès de vos quelques contacts et ne vendre que quelques exemplaires, ou si vous pensez réaliser de véritables ventes.

Personnellement je n’ai encore vendu aucun livre, donc je n’ai encore rien déclaré.

Si cette activité est comme moi une activité non professionnelle (loisirs) et que vous ne vendez qu’un ou deux livre par an, il semble que vous puissiez facilement déclarer cette somme sur la feuille d’imposition dans la partie « salaires ».
Dans le cadre de la vente en ligne via votre imprimeur, la déclaration des royalties doit se faire dans la case BNC (Bénéfice non commercial) de la déclaration de revenu.

Si vous réalisez des ventes en face à face ou si vous cumulez des bénéfices, il faut penser à légiférer cette activité et à choisir un statut, comme celui d’auto-entrepreneur par exemple.
Le tout semble assez complexe et le mieux est de vous diriger vers votre centre des impôts pour avoir toutes les informations exactes (j’y vais la semaine prochaine, je mettrai à jour l’article si j’ai des infos supplémentaires).

Comment diffuser mon livre ?

Si vous l’imprimez en ligne, votre livre paraîtra sur le site de l’imprimeur en question (pour moi thebookedition) et sera référencé sur google, mais avouons-le, il y a peu de chance que cela suffise pour en vendre.

Il y a la possibilité de diffuser le livre en version numérique (qui implique un nouvel ISBN) sur Amazon Kindle ou autres plateformes. Les livres numériques rencontrent un grand succès en ce moment : moins chers, faciles à lire partout (sur smartphone, sur liseuse…) et grande variété de textes. J’en parlerai dans un prochain article.

Une alternative à l’auto-publication, la maison d’édition : Les maisons d’éditions s’occupent de la diffusion de votre livre. Edilivre est une maison d’édition qui propose de nombreux services gratuits, comme la mise en page, attribution d’ISBN et dépôt à la BNF. Versement de 70% des droits d’auteurs pour un livre numérique vendu sur edilivre, et de 20% pour un livre papier (contrat d’édition). Il est aussi possible de faire référencer votre livre sur un réseau de distribution tel que fnac, decitre, cultura, amazon… ou de participer à des salons du livre.

Le plus important, la promotion

Dans tous les cas, n’oubliez pas que c’est la promotion qui va faire que votre livre sera visible. Pensez à en parler à vos proches, sur les réseaux sociaux, à créer un blog dédié à vos livres, à participer à des salons…

7 Comments

  1. Coucou cousine et très bonne initiative ;).
    D’ailleurs, as-tu pensé à Google Livre pour la version numérique ? Je ne sais pas si ça vaut quelque chose mais au cas où ^^

    • Merci Richard !
      Tu fais bien de le signaler, c’est un outil qui permet une visibilité supplémentaire.
      Par contre je crois que cela ne permet pas les ventes directement, c’est plutôt une bibliothèque en ligne qui renvoie vers des sites de vente en ligne, comme Amazon ou autre, à moins de s’inscrire à Google Play (ils vendent alors les livres sur l’appli en ligne).

  2. Article vraiment très intéressant et complet ! Merci Marie.
    Personnellement j’ai commencé sur TheBookEdition où j’ai publié mon premier roman « disponible » pour le public, « Laissez moi vous attendre ». Pour mon second, j’ai été confronté au souci des frais de port qui faisait augmenter de 30% son prix d’acquisition ! Ceci couplé au fait que ce site, pourtant très bien, n’a en effet pas une très bonne visibilité, j’ai préféré publier via le CreateSpace d’Amazon. L’interface en anglais n’est pas forcément évidente mais une fois maîtrisée j’en suis vraiment content.

  3. Bonjour, c’est un article vraiment très intéressant pour quelqu’un comme moi qui suis toujours passé par des éditeurs et qui ne connais rien à ce système d’autoédition. Paradoxalement, il n’y a plus de « honte » associée à l’autoédition, à présent que – pour reprendre la phrase que Claude Roy m’a dite un jour – « la logique des profits immédiats (dans les années 1990) a décidé les éditeurs français à publier les pires, et à rejeter les meilleurs, ce qui est une première dans l’histoire de l’humanité ». Michel Butor m’a tenu les mêmes propos à peu près; il soutenait que « si tous les manuscrits rejetés au XXIe siècle ne sont pas bons, en tout cas, tous ceux qui trouvent à se faire éditer sont mauvais »! Dutourd ne parlait pas autrement non plus. Bref, il s’ensuit qu’à présent, un tas d’écrivains qui ont fait – ou auraient fait – une carrière dans des maisons prestigieuses sont « réduits » à s’auto-éditer (ou à se faire publier par des maisons ultra-confidentielles, comme Kassak). Le problème, c’est qu’on a encore plus peur de se faire rouler avec des offres « trop belles pour être vraies » (Edilivre, pour ne citer que cet exemple, me paraît si miraculeusement facile, pratique et bon marché que je lis scrupuleusement tous les petits caractères depuis ce matin pour comprendre où est le piège!) En tout cas, si vous avez le temps de faire une mise à jour, étant donné que cet article est âgé de 3 ans, ce serait formidable et utile à beaucoup d’auteurs un peu en désarroi dans ce monde numérique où tout (semble) facile…

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